
FASZINATION DER POPKLASSIK - RONDO VENEZIANO
Un avis sur le livre de Katrin Bote publié aux éditions Books on demand /
2002
par Laurent Perret
Un ouvrage entièrement consacré à Rondo Veneziano ! L'été dernier, la nouvelle de cette parution
est passée quasimentinaperçue alors qu'il s'agissait pourtant là d'une première. Ne possédant
dans un premier temps pas le livre, j'ai d'abord attribué ce manque d'engouement au fait qu'il est
publié en langue allemande et n'a à ce jour encore fait l'objet d'aucune traduction. Après l'avoir lu,
je comprends désormais mieux pourquoi même les fans germanophones n'ont pas fait grand cas
de cette "biographie".
Le moins que l'on puisse dire est qu'il s'agit d'un travail très superficiel qui ne pourra aucunement
assouvir la soif de connaissance des plus avides d'informations d'entre vous. En effet, bien que l'auteur,
la journaliste Katrin Bote, nous bassine régulièrement avec les " recherches " effectuées par ses soins,
celles-ci se sont bornées à une rencontre étalée sur plusieurs jours avec Gian Piero Reverberi à son
domicile de Gènes. Madame Bote agit en quelque sorte comme si Reverberi incarnait à lui seul le groupe.
Il en est certes l'initiateur et la principale tête pensante mais le livre aurait gagné considérablement
à être enrichi par des témoignages de collaborateurs fidèles comme Ivano Pavesi, Klaus Strazicky,
Mr et Mme Del Dogan, le directeur artistique de Baby Records et bien d'autres. On ne peut pas
raisonnablement baser une biographie sur le seul avis du fondateur du groupe.
Il en résulte un ouvrage assez court (175 pages peu denses) dans lequel seule la jeunesse de
G.P. Reverberi est abordée de manière conséquente. On apprend donc dans quelles conditions
Gian Piero s'est senti attiré par la musique, comment il a pris ses premiers cours de piano et
de solfège et été encouragé dans cette voie par ses professeurs en raison de ses
prédispositions exceptionnelles. Le compositeur qui semble très attaché à cette période de
son existence a fourni à l'auteur quelques photos le montrant lors de ses études. J'en profite
pour souligner que l'iconographie de ce livre est absolument catastrophique. Toutes les photos
à l'exception de celle de couverture sont reproduites en noir et blanc, sachant que la
qualité laisse en plus franchement à désirer, au point que l'on on pense à de mauvaises
photocopies ! Je suppose que cette indigence s'explique par le manque de moyens de l'éditeur,
voire de Katrin Bote elle-même car le nom de l'édition semble indiquer que le livre a été publié
à compte d'auteur. Mais quelle énorme lacune lorsque l'on traite d'un groupe précisément
aussi " visuel " que Rondo Veneziano ! On était légitimement en droit d'attendre mieux venant
d'Allemagne, pays devenu une seconde patrie pour Reverberi et son ensemble costumé.
Ensuite, l'auteur n'a plus grand chose à dire au point qu'on assiste à un remplissage honteux :
un chapitre est consacré à la galerie d'art que Reverberi possède dans sa ville natale de Gènes,
un autre est rempli avec des considérations sur la musique classique, avec les biographies
résumées de quelques grands compositeurs. Madame Bote, sachez que si l'on souhaite se
documenter sur l'histoire du baroque et de l'ère romantique, on n'a pas nul besoin d'avoir
recours à un ouvrage sur Rondo Veneziano pour ce faire ! Je considère qu'il s'agit là d'un mépris
caractérisé envers le lecteur. Alors bien entendu, comme pour le chapitre dans lequel on
apprend le goût prononcé du compositeur pour la céramique, on peut sauter ces passages
mais que reste-t-il alors ? De plus, Katrin Bote, sans doute par déformation journalistique,
s'attarde constamment sur des détails insignifiants comme les péripéties de son trajet en voiture,
ses états d'âme au moment de sonner pour la première fois à la porte du Maestro, la différence
entre le café en Allemagne et en Italie, l'ambiance de la ville de Gènes, etc. Elle va même jusqu'à
confier avoir raté une heure d'enregistrement d'entretien avec G.P. Reverberi suite à une erreur
de manipulation, bref toutes choses dont le lecteur n'a que faire ! L'introduction donne le ton en
commençant par énumérer les évènements marquants de l'année 1939 : après pêle-mêle la
déclaration de la guerre, les recherches sur l'atome ou encore la sortie du film Autant en
emporte le vent, on apprend ainsi in fine la naissance du petit Gian Piero ! Bref, il est flagrant
qu'une fois rentrée chez elle à Magdeburg, l'auteur a meublé, faute d'avoir à sa disposition
suffisamment de matière sur l'histoire de Rondo Veneziano et de ceux qui font exister le groupe.
Si vous souhaitez par exemple savoir qui est (ou était ?) Laura Giordano, vous en serez pour
vos frais. Et bien d'autres questions sur le " mystère " Rondo Veneziano restent en suspens,
même si Katrin Bote propose une interview du Maestro au coeur de l'ouvrage. On y apprend
heureusement certaines choses, comme le fait que G.P. Reverberi aimerait écrire un ballet
ou une comédie musicale. Il se verrait également bien jouer sur scène avec d'autres musiciens
comme André Rieu mais des considérations financières empêchent ce genre d'association.
En ce qui me concerne, je ne m'en plaindrais pas ! Par ailleurs, le Maestro garde un mauvais
souvenir de la bande originale du film Not quite Jerusalem, de par l'utilisation finale de sa
musique dans le film. Il préfère écrire sans les contraintes liées à l'image et précise dans
un autre chapitre que sa mauvaise vue ne lui permet de toute façon plus de travailler sur
des films. Il explique également pourquoi n'existe pas de vidéo de ses concerts et raconte
quelques anecdotes vécues lors de tournées. Je recommande donc en priorité la lecture de
cette interview-vérité. L'ouvrage se termine par une discographie commentée de façon
succincte qui là encore n'aborde les choses qu'en surface.
Au final, je comparerais volontiers ce livre à un long article de presse, à un simple travail
de vulgarisation susceptible de ne retenir l'attention que de néophytes. Et comme si cela
ne suffisait pas, l'auteur se complait et se réfugie très souvent derrière bon nombre de
superlatifs comme "talent" ou "magie", qui au fond ne disent pas grand chose de l'approche
musicale et ne dépassent pas le stade de l'admiration béate. Ce manque d'objectivité
critique étonne fort de la part d'unejournaliste professionnelle. Moralité : que celles ou
ceux d'entre vous qui se sentiraient des ambitions de biographe potentiel du groupe se
rassurent : un ouvrage digne de ce nom sur Rondo Veneziano reste bel et bien à écrire.
Et ce, même si vous ne maîtrisez ni l'italien ni l'allemand : le Maestro Reverberi s'exprime
couramment en anglais, en français et en espagnol. Alors, à vos plumes !
Provided, with thanks, by Laurent Perret
Un avis sur le livre de Katrin Bote publié aux éditions Books on demand /
2002
par Laurent Perret
Un ouvrage entièrement consacré à Rondo Veneziano ! L'été dernier, la nouvelle de cette parution
est passée quasimentinaperçue alors qu'il s'agissait pourtant là d'une première. Ne possédant
dans un premier temps pas le livre, j'ai d'abord attribué ce manque d'engouement au fait qu'il est
publié en langue allemande et n'a à ce jour encore fait l'objet d'aucune traduction. Après l'avoir lu,
je comprends désormais mieux pourquoi même les fans germanophones n'ont pas fait grand cas
de cette "biographie".
Le moins que l'on puisse dire est qu'il s'agit d'un travail très superficiel qui ne pourra aucunement
assouvir la soif de connaissance des plus avides d'informations d'entre vous. En effet, bien que l'auteur,
la journaliste Katrin Bote, nous bassine régulièrement avec les " recherches " effectuées par ses soins,
celles-ci se sont bornées à une rencontre étalée sur plusieurs jours avec Gian Piero Reverberi à son
domicile de Gènes. Madame Bote agit en quelque sorte comme si Reverberi incarnait à lui seul le groupe.
Il en est certes l'initiateur et la principale tête pensante mais le livre aurait gagné considérablement
à être enrichi par des témoignages de collaborateurs fidèles comme Ivano Pavesi, Klaus Strazicky,
Mr et Mme Del Dogan, le directeur artistique de Baby Records et bien d'autres. On ne peut pas
raisonnablement baser une biographie sur le seul avis du fondateur du groupe.
Il en résulte un ouvrage assez court (175 pages peu denses) dans lequel seule la jeunesse de
G.P. Reverberi est abordée de manière conséquente. On apprend donc dans quelles conditions
Gian Piero s'est senti attiré par la musique, comment il a pris ses premiers cours de piano et
de solfège et été encouragé dans cette voie par ses professeurs en raison de ses
prédispositions exceptionnelles. Le compositeur qui semble très attaché à cette période de
son existence a fourni à l'auteur quelques photos le montrant lors de ses études. J'en profite
pour souligner que l'iconographie de ce livre est absolument catastrophique. Toutes les photos
à l'exception de celle de couverture sont reproduites en noir et blanc, sachant que la
qualité laisse en plus franchement à désirer, au point que l'on on pense à de mauvaises
photocopies ! Je suppose que cette indigence s'explique par le manque de moyens de l'éditeur,
voire de Katrin Bote elle-même car le nom de l'édition semble indiquer que le livre a été publié
à compte d'auteur. Mais quelle énorme lacune lorsque l'on traite d'un groupe précisément
aussi " visuel " que Rondo Veneziano ! On était légitimement en droit d'attendre mieux venant
d'Allemagne, pays devenu une seconde patrie pour Reverberi et son ensemble costumé.
Ensuite, l'auteur n'a plus grand chose à dire au point qu'on assiste à un remplissage honteux :
un chapitre est consacré à la galerie d'art que Reverberi possède dans sa ville natale de Gènes,
un autre est rempli avec des considérations sur la musique classique, avec les biographies
résumées de quelques grands compositeurs. Madame Bote, sachez que si l'on souhaite se
documenter sur l'histoire du baroque et de l'ère romantique, on n'a pas nul besoin d'avoir
recours à un ouvrage sur Rondo Veneziano pour ce faire ! Je considère qu'il s'agit là d'un mépris
caractérisé envers le lecteur. Alors bien entendu, comme pour le chapitre dans lequel on
apprend le goût prononcé du compositeur pour la céramique, on peut sauter ces passages
mais que reste-t-il alors ? De plus, Katrin Bote, sans doute par déformation journalistique,
s'attarde constamment sur des détails insignifiants comme les péripéties de son trajet en voiture,
ses états d'âme au moment de sonner pour la première fois à la porte du Maestro, la différence
entre le café en Allemagne et en Italie, l'ambiance de la ville de Gènes, etc. Elle va même jusqu'à
confier avoir raté une heure d'enregistrement d'entretien avec G.P. Reverberi suite à une erreur
de manipulation, bref toutes choses dont le lecteur n'a que faire ! L'introduction donne le ton en
commençant par énumérer les évènements marquants de l'année 1939 : après pêle-mêle la
déclaration de la guerre, les recherches sur l'atome ou encore la sortie du film Autant en
emporte le vent, on apprend ainsi in fine la naissance du petit Gian Piero ! Bref, il est flagrant
qu'une fois rentrée chez elle à Magdeburg, l'auteur a meublé, faute d'avoir à sa disposition
suffisamment de matière sur l'histoire de Rondo Veneziano et de ceux qui font exister le groupe.
Si vous souhaitez par exemple savoir qui est (ou était ?) Laura Giordano, vous en serez pour
vos frais. Et bien d'autres questions sur le " mystère " Rondo Veneziano restent en suspens,
même si Katrin Bote propose une interview du Maestro au coeur de l'ouvrage. On y apprend
heureusement certaines choses, comme le fait que G.P. Reverberi aimerait écrire un ballet
ou une comédie musicale. Il se verrait également bien jouer sur scène avec d'autres musiciens
comme André Rieu mais des considérations financières empêchent ce genre d'association.
En ce qui me concerne, je ne m'en plaindrais pas ! Par ailleurs, le Maestro garde un mauvais
souvenir de la bande originale du film Not quite Jerusalem, de par l'utilisation finale de sa
musique dans le film. Il préfère écrire sans les contraintes liées à l'image et précise dans
un autre chapitre que sa mauvaise vue ne lui permet de toute façon plus de travailler sur
des films. Il explique également pourquoi n'existe pas de vidéo de ses concerts et raconte
quelques anecdotes vécues lors de tournées. Je recommande donc en priorité la lecture de
cette interview-vérité. L'ouvrage se termine par une discographie commentée de façon
succincte qui là encore n'aborde les choses qu'en surface.
Au final, je comparerais volontiers ce livre à un long article de presse, à un simple travail
de vulgarisation susceptible de ne retenir l'attention que de néophytes. Et comme si cela
ne suffisait pas, l'auteur se complait et se réfugie très souvent derrière bon nombre de
superlatifs comme "talent" ou "magie", qui au fond ne disent pas grand chose de l'approche
musicale et ne dépassent pas le stade de l'admiration béate. Ce manque d'objectivité
critique étonne fort de la part d'unejournaliste professionnelle. Moralité : que celles ou
ceux d'entre vous qui se sentiraient des ambitions de biographe potentiel du groupe se
rassurent : un ouvrage digne de ce nom sur Rondo Veneziano reste bel et bien à écrire.
Et ce, même si vous ne maîtrisez ni l'italien ni l'allemand : le Maestro Reverberi s'exprime
couramment en anglais, en français et en espagnol. Alors, à vos plumes !
Provided, with thanks, by Laurent Perret





